

J’ai
passé ma jeune enfance près d’une rivière dans la
région de la Gatineau. Ce qui m’impressionnait le
plus, c’étaient les couchers de soleil. Au début,
je pensais que l’astre du jour mourait chaque soir
et j’avais terriblement peur de ne jamais le
revoir. Ensuite, je me suis dit qu’il devait aller
dormir et puis, j’ai finalement compris qu’il
allait vers une autre partie du monde car j’avais
eu la chance de recevoir en cadeau un globe
terrestre.
J’avais une balançoire que mon père m’avait
installée en face de la rivière et je m’y
installais pour admirer ce que j’appelais et
appelle toujours un miracle de la nature. C’était
pour moi un petit moment de bonheur que je gardais
caché au fond de mon cœur d’enfant.
La première photo a été prise en Louisiane en
décembre 2006 dans le bayou du Lac Martin avec mon
ami Norbert Leblanc. Il a été d’une extrême
patience et gentillesse pour la photographe amateur
que je suis. Quand nous sommes arrivés au bord de
la rive, à la noirceur tombante, et que nous étions
transis par le froid, je savais que je venais de
réussir la photo de la pochette de mon premier
livre et j’étais très émue.
La deuxième photo a été prise à Monument Valey en
Arizona. Ce soir-là, il ventait énormément et
j’avais beaucoup de difficulté à ne pas bouger. À
un moment donné, je n’ai plus senti les
rafales. J’étais complètement hypnotisée par ce que
je voyais et j’avais l’impression que l’astre
solaire était tellement près de moi qu’il allait me
brûler la peau.
La troisième vient de la région de Santa Monica en
Californie. J’avais décidé de ne pas faire de photo
de ce coucher de soleil à cause des manèges de la
fête foraine, mais la magie du moment, à nouveau,
m’a enveloppée et je n’ai pu m’empêcher de prendre
quelques clichés.
Lors d’un coucher de soleil, je me sens toujours
mourir dans l’infini pour mieux renaître ensuite…
France Valiquette