Voici
une photo dont je suis particulièrement fière. Je
l’ai réalisée à La Jolla en Californie. Elle
symbolise le romantisme dans une de ses expressions
les plus pures en communion avec la beauté de la
nature. Si vous l’agrandissez, vous verrez que la
belle sourit à son nouvel époux même s’il la tient
suspendue dans le vide au bord de la falaise. La
question qui m’est alors venue à l’esprit est
celle-ci :
« À quel homme accorderais-je une telle confiance?
»
Et le visage d’Ekis m’est apparu. C’est un géologue
Navajo que vous apprendrez à connaître dans
Mercedes Leroyer;
partie
2,
Arizona.
Ekis
est un homme qui vit en parfait équilibre entre les
connaissances spirituelles de ses ancêtres et le
monde scientifique moderne.
L’histoire
oscillera entre l’Arizona et la Louisiane. Un ami
cadien m’a dit un jour :
« Comment
peux-tu réussir à associer les bayous et le
désert? » Je
lui ai répondu en souriant :
« Ce ne sont pas les lieux qui sont les plus
importants mais bien les gens qui y habitent.
»
Ce
sont d’ailleurs deux peuples que l’on a failli
exterminer.
Je
vous souhaite de bonnes vacances à tous.
France Valiquette



C’était
la sixième fois depuis 2002 que je passais les
Fêtes de la fin de l’année en Louisiane et, durant
cette période, ce fut mon plus beau voyage. La
température était exquise, oscillant entre les 20
et 25 C, avec un beau ciel bleu la plupart du
temps. Le dernier ouragan, qui a passé sur la
Louisiane en septembre dernier, a particulièrement
touché la région de Breaux-Bridge et d’Henderson,
près de Lafayette. Le restaurant chez Mulatre,
l’endroit où Peter avait invité Mercedes à souper
pour le premier de l’An ainsi que le Wiskey River,
où il l’avait ensuite emmenée danser, ont eu leurs
toitures arrachées par l’ouragan. J’ai alors fêté
la réouverture des deux établissements avec mes
amis cadiens. N’oubliez pas qu’en Louisiane, tout
se fête avec de la bonne musique et de la danse.
J’ai
bien profité de la nature, sans maringouins ou
presque, et j’ai dansé tous les soirs. Un dimanche
après-midi, au Wiskey River, j’ai continuellement
occupé la piste de danse pendant plus de trois
heures et demie avec Simon. Il est un danseur
exceptionnel. Il fait de la course régulièrement et
il a perdu trente-cinq livres dans les derniers
dix-huit mois. Un de ses amis que j’avais déjà
rencontré a développé une infection à une jambe et
trois semaines plus tard, il était décédé. À partir
de ce moment-là, il a réalisé la fragilité de
l’être humain et il a décidé de vivre sa vie
sainement et plus harmonieusement.
Au « Pot luck party jam », chez Deby,
pour le premier de l’An, j’ai rencontré un acteur
cadien, Pat Mire, un homme des plus sympathique et
qui connait bien André Glandu qui a réalisé des
documentaires sur la Louisiane.
J’ai
été particulièrement touchée par les gens qui ne
peuvent pas vraiment lire le français mais qui
tenaient absolument à se procurer mon livre. J’ai
été également émue par des jeunes qui vivaient une
grande détresse et par le raciste qui est toujours
présent; mais j’ai aussi senti les gens de race
noire prendre de plus en plus leur place. Cela m’a
fait chaud au cœur.
Les
photos sont :
Wiskey River : Gino Delafose, le deuxième roi
du zydeco après le grand Clinton Chénier…
Mulatre :
Dane Thibodeaux, Breaux-Bridge, il joue de la
guitare, du violon, de l’accordéon et il aime
danser…
Wiskey
River : Simon Reed, le meilleur danseur de
zydeco que je connaisse. Dans ses bras, par
moments, vous avez littéralement l’impression que
vous flottez sur le plancher de danse...
France
Valiquette
Je suis au Salon du Livre de
Montréal 2008 au kiosque 349-A avec mon
distributeur, la CDDL. Mon horaire est
celui-ci : le jeudi, 20 novembre de 15 à 21
heures; le vendredi, 21 novembre de 15 à 21 heures;
le samedi, 22 novembre de 15 à 21 heures et le
dimanche de 9 à 15 heures.
Au plaisir de vous y saluer.
Nous
étions le 6 septembre 2008 et je me trouvais en
Arizona. Mon humeur était plus qu’excellente et mon
cœur était rempli de sollicitude envers la vie qui
me permettait encore une fois de faire un si beau
voyage. Le soleil descendait derrière un canyon et
je me rendais à une fête du peuple des
Navajo,
le couronnement de la Reine.
C’est
une fête qui se veut un hommage et une
reconnaissance à la valeur de la femme pour ce
peuple. Lors de leur grande fête annuelle, ils
viennent de partout à travers les États-Unis et
même du Canada pour partager leurs valeurs
culturelles et spirituelles ainsi que leur vision
de l’avenir tout en festoyant. Leur réunion se fait
sans alcool car c’est interdit sur la réserve qui
s’étend sur quatre états : l’Arizona, le
Nevada, le Nouveau-Mexique et l’Utah.
Je venais de pénétrer sur le site des festivités
quand j’ai aperçu un homme d’une forte constitution
qui tombait sur le sol de terre battue rouge, du
sang giclant de sa tête. Je me suis mise à courir à
toute vitesse pour l’aider. J’ai pressé sur sa
blessure avec un tissu propre que m’a tendu une
personne et j’ai réussi à calmer l’homme et à
arrêter l’hémorragie en attendant les secours. Son
premier regard était apeuré en réalisant que
j’étais une femme blanche, mais au son de ma voix,
ses muscles se sont décontractés et j’ai senti
qu’il commençait à me faire confiance. Deux agents
de sécurité sont alors arrivés. Je leur ai expliqué
la situation et l’un d’eux m’a aidée à prendre soin
du blessé pendant que l’autre demandait du secours.
Les policiers ont fini par arriver et, en me
relevant pour les laisser travailler, j’ai aperçu
des dizaines de visages Navajo rivés sur moi, dont
certains ont esquissé un sourire de remerciement.
J’ai croisé des regards et j’ai été touchée par ce
que j’ai vu. J’étais tachée de sang et de sable
mais cela n’avait aucune importance car j’étais
fière d’avoir pu soulager un peu cet homme.
Il y a très peu d’étrangers non indiens qui
viennent à leur fête mais je me sens bien avec eux
et en sécurité.
Le raciste n’existe que si la peur domine… et que
la différence ferme notre cœur à l’amour universel.
France Valiquette


En
septembre dernier, je me suis rendue en Arizona
pour la troisième fois. C’est le pays des canyons
où vivent les Navajo, un grand peuple fier et
courageux qui, tout en conservant leurs valeurs
spirituelles, ont aussi le regard tourné vers
l’avenir. Leur réserve s’étend sur quatre États.
Ils ont leur propre système de loi, de santé et
leur université. C’est une entité indépendante dans
les États-Unis. Ils ont presque été exterminés au
siècle dernier; c’est un point que les Navajo ont
en commun avec les Cadiens et qu’ils partagent avec
eux. La beauté ainsi que l’immense paix que dégage
leur territoire sont inexprimables pour l’écrivaine
que je suis.
L’histoire de mon prochain livre, Mercedes Leroyer
(deuxième partie), se déroulera entre la Louisiane
et l’Arizona, plus particulièrement avec le peuple
des Navajo.
Peter Dugas, après deux ans de relation amoureuse
avec Mercedes, décide de rompre sans aucune
explication et ce, juste avant leurs vacances.
Mercedes, se retrouvant seule, décide alors de
partir sur la réserve des Navajo pour connaître
leurs coutumes et leur culture. Gabriel, le fils de
Peter, de même que Ben, devenu un jeune musicien de
prestige en Louisiane, sont très inquiets du
comportement de Peter. Ils essaient de prendre
contact avec Mercedes et, après plusieurs
tentatives infructueuses et le désespoir au coeur,
décident de partir à sa recherche en Arizona.
L’écriture du livre suit son cours et tire à sa
fin. Ensuite, viendront les long mois de
correction. Mais j’ai bon espoir que sa parution
aura lieu à l’automne 2009.
France



C’était en avril 2005, le soleil brillait sur un
ciel splendide. Il faisait plus beau et chaud que
j’avais prévu. Après de longs mois d’hiver, quel
plaisir de célébrer Pâques sous des cieux plus
cléments. Blake Oliver m’avait invitée dans leur
petit studio de musique à Bâton-Rouge pour assister
à une de leur pratique. Le groupe The Terms se
préparait à ce moment-là à sortir un premier CD et
c’était le début des récitals qui commençaient. Le
Jeune band était très fier qu’une Canadienne
française s’intéresse à leurs compositions et
interprétations. J’ai pu connaitre avec eux une
autre vision de la Louisiane ainsi que les
perceptions et rêves de cette génération que
plusieurs étrangers ignorent.
Les fêtes de Pâques pour les Cadiens, c’est aussi
le temps des grands rassemblements pour faire des
barbecues et bouillir des écrevisses. J’étais à mon
troisième voyage mais je ne me suis pas méfiée ;
alors, j’ai mangé des écrevisses tellement épicées
que je me suis retrouvée complètement étouffée et
incapable de respirer. Je ne pensais pas que cela
était possible ; inutile de vous dire que j’ai eu
ma leçon. Si vous vous rendez en Louisiane, vous
prenez une toute petite bouchée, vous attentez
quelques secondes et vous pourrez alors décider si
vous pouvez continuer à manger le mets servi. Il
est inutile de vous rendre malade, les Cadiens
comprennent que cela n’est pas dans nos coutumes.
Tout est fleuri et le parfum des fleurs est d’une
telle sensualité, c’est un des plus beaux moments
de l'année pour voir ma chère Louisiane.
Joyeuse Pâques! Que plaisir et musique soient au
rendez-vous!
France Valiquette
J’ai
eu envie ce mois-ci de vous parler du Mardi Gras
qui avait lieu cette année le cinq février, alors
nous aurons Pâques quarante jours plus tard. Vous
avez sans doute entendu parler de celui de la
Nouvelle-Orléans mais en Louisiane chaque ville et
village fêtent le Mardi Gras. Certains travaillent
à la conception de leur costume durant des mois
pendant que d’autre vont les louer. La fête
commence souvent trois semaines avant et cette
année les Louisianais n’ont pas eu grand repos
après les festivités du jour de L’An.
Je suis allé en 2004, mais malheureusement, j’ai eu
des problèmes de caméra alors vous ne pourrez pas
voir mon magnifique costume… les gens s’arrêtaient
dans les rues pour me prendre en photo. Je voulais
faire honneur à la créativité québécoise Pour le
Grand Jour; j’avais choisi celui d’Eunice, le Mardi
Gras traditionnel d’autrefois. Les Mardi Gras
arrivaient de la campagne environnante à cheval,
certain tenant une poule dans une de leur main
ainsi s’organisait la parade dans les rues de cette
petite ville. Des chars allégoriques défilaient
avec la chanson du Mardi-Gras interprétée de
différentes façons. Le plaisir des gens était
d’attrapé des colliers multicolores lancés à partir
des chars. Je vous mentirais si je ne vous disais
pas que la bière ne coulait pas à flot mais des
policiers souriant, veillaient à maintenir l’ordre
et la sécurité. Quand la parade fut terminée alors
les meilleurs musiciens cajuns de la Louisiane sont
là; pour vous faire danser dans les rues. Hé oui !
les Cadien peuvent danser… encore et encore,
pendant des heures.
France Valiquette
Voici le texte intégral de La chanson des Mardi
Gras.
Interpréter
ici par Zachary Richard en 1977
www.zacharyrichard.com
Les Mardi Gras s’rassemblent une fois par an
Pour d’mander la charité
Ils s’rassemblent un fois par an
Tout à l’entour du grand moyeau
Capitaine, capitaine voyage ton flag
Allons aller chez nos voisins
Capitaine, capitaine voyage ton flag
Allons aller sur le chemin
Les Mardi Gras d’mandent la rentrée
À chaque maître et à chaque maîtresse
Ils d’mandent la rentrée
Avec tous les politesses
Donnez nous aut’s un ‘tite poule gras
Ou bien un ‘tit peu d’ riz
On vous invite de v’nir ce soir
Manger du bon Gumbo
Voulez-bous bien recevoir ces Mardi Gras.
Cette grande bande de grand soulards
Les Mardi Gras vous remerci bien
De vot’ bonne volonté
Les Mardi Gras viennent de tous partout par tout
Pour d’mander la charité
Ils s’rassemblent de tout par tout
Mais principalement du grand bayou
Allons aller sur le chemin



Mon
livre « Mercedes Leroyer ; Partie 1, Louisiane » a
été bien reçu à Lafayette. Les gens étaient
touchés… mais malheureusement, peu d'entre eux
pourront le lire car cela représente un gros
défi pour les Cadiens et les Créoles de lire
en français.
J'ai eu du bon temps avec Norbert, le seul
personnage non fictif de mon livre. Nous
sommes allés dans les bayous durant des
heures. La température était plus froide
certain jours mais quand elle s'est réchauffée,
nous avons pu y voir de nombreux oiseaux; par
contre, les alligators sont en dormance l'hiver.
J'ai même cuisiné du poisson frais, surnommé «
saccalet », que Norbert avait pêché ; c'est plus
délicieux que du poisson-chat. Il était allé à la
chasse et avait manqué deux chevreuils ; je lui ai
dit :
-C'est
sûrement la « mire » de ton fusil qui est le
problème.
Il
a souri.
-
C'est sûr que t'as raison!
Ce
fier Cadien a plus de 74 ans et conserve une bonne
énergie. Sa passion, c'est la nature et il a
toujours gagné sa vie avec elle. Ses yeux brillent
quand il raconte ses plus belles chasses aux
alligators. Il est photographié dans National
Geographic avec une superbe prise mais je ne me
souviens plus en quelle année.
Malheureusement, ses enfants n'ont pas la même
passion mais un de ses petits-fils âgé de 16 ans a
commencé à développer le même intérêt que
lui. Ils passent beaucoup de temps ensemble
et cela le rend des plus heureux.
Je suis moi aussi en train de me trouver un
deuxième père comme Mercedes… et cela me remplit de
joie.
France Valiquette
C’est une ville du Sud qui a une âme bien
particulière et je peux déjà sentir une partie de
son histoire. Je marche dans le French Quarter et
j’entends la musique m’interpeller à chaque coin de
rue, le jazz, le blues… J’aime. Durant mon séjour
dans cette ville, à chaque fois que je sortais ma
carte pour chercher ma route, des gens blancs ou
noirs, hommes ou femmes s’arrêtaient pour me
renseigner. Je n’avais jamais connu ça dans aucun
autre de mes voyages.
L’automne précédent mon voyage, j’avais décidé de
prendre des cours de danse car je n’avais pas
beaucoup dansé durant les dernières années.
J’arrive au pays des Cadiens et je me rends au
Whiskey River, un bar situé sur le chemin de la
Levée à Henderson, suggestion de Zachary Richard
pour la danse du dimanche après-midi de 16 heures à
20 heures avec musique « live ». À la deuxième
chanson, on m’invite à danser et je comprends très
rapidement que c’est mieux d’oublier mes cours et
de me laisser porter par tous ces excellents
danseurs. Quel plaisir… impossible de vous décrire.
Après, j’ai connu le zydeco où là, les meilleurs
danseurs sont les Noirs, évidemment. Quand vous
avez un band de musiciens blancs, vous avez la
majorité de Blancs; si vous avez un band de
musiciens noirs, vous aurez plus de Noirs. Excepté
pour Gino Delafose, tout le monde est là!!!
http://www.ritmoartists.com/Geno/delafose.htm
Je vous souhaite un Noël rempli de musique. Quant à
moi, je retourne au pays des écrevisses… pour
présenter mon livre et prendre un bain de musique.
France Valiquette