

J’ai
passé ma jeune enfance près d’une rivière dans la
région de la Gatineau. Ce qui m’impressionnait le
plus, c’étaient les couchers de soleil. Au début,
je pensais que l’astre du jour mourait chaque soir
et j’avais terriblement peur de ne jamais le
revoir. Ensuite, je me suis dit qu’il devait aller
dormir et puis, j’ai finalement compris qu’il
allait vers une autre partie du monde car j’avais
eu la chance de recevoir en cadeau un globe
terrestre.
J’avais une balançoire que mon père m’avait
installée en face de la rivière et je m’y
installais pour admirer ce que j’appelais et
appelle toujours un miracle de la nature. C’était
pour moi un petit moment de bonheur que je gardais
caché au fond de mon cœur d’enfant.
La première photo a été prise en Louisiane en
décembre 2006 dans le bayou du Lac Martin avec mon
ami Norbert Leblanc. Il a été d’une extrême
patience et gentillesse pour la photographe amateur
que je suis. Quand nous sommes arrivés au bord de
la rive, à la noirceur tombante, et que nous étions
transis par le froid, je savais que je venais de
réussir la photo de la pochette de mon premier
livre et j’étais très émue.
La deuxième photo a été prise à Monument Valey en
Arizona. Ce soir-là, il ventait énormément et
j’avais beaucoup de difficulté à ne pas bouger. À
un moment donné, je n’ai plus senti les
rafales. J’étais complètement hypnotisée par ce que
je voyais et j’avais l’impression que l’astre
solaire était tellement près de moi qu’il allait me
brûler la peau.
La troisième vient de la région de Santa Monica en
Californie. J’avais décidé de ne pas faire de photo
de ce coucher de soleil à cause des manèges de la
fête foraine, mais la magie du moment, à nouveau,
m’a enveloppée et je n’ai pu m’empêcher de prendre
quelques clichés.
Lors d’un coucher de soleil, je me sens toujours
mourir dans l’infini pour mieux renaître ensuite…
France Valiquette

Voici
un article qui paraîtra dans la revue du mois de
mars du Club des Haflinger du Québec.
Un amour inconditionnel pour les Haflinger.
J’ai toujours beaucoup aimé les chevaux, c’est mon
père qui me les a fait connaître. Après une
première tentative à dix-sept ans de monter à
cheval, sans selle, qui s’est soldé naturellement
par un chute très humiliante et douloureuse. J’ai
pensé que ce n’était pas pour moi. Un après-midi
pluvieux du mois de mars de l’année 1998, j’avais
décidé d’aller au cinéma. Après la projection du
film « L’homme qui murmurait aux
chevaux » qui a été réalisé par Robert
Redford, j’étais complètement bouleversé. Une
semaine plus tard, je suis retourné voir le film.
Le lendemain matin, j’ai décidé de me trouver un
instructeur et j’ai débuté des cours d’équitation.
En juin de cette même année, je projetais de faire
un voyage en Autriche. Avant de partir, j’avais
pris connaissance qu’il y avait dans les Alpes
Autrichiennes des petits chevaux à la longue
crinière blonde, courageux et nobles. J’avais
parcouru la Basse-Autriche où j’y avais vu des
haras avec de magnifiques chevaux ensuite les
légendaires Lipizzan de Piber la plus veille race
chevaline de la civilisation européenne mais
toujours pas de Haflinger. À la fin d’une belle
journée de printemps dans les Alpes, je suis arrivé
dans un charmant petit village du nom de Ebbs où je
cherchais une auberge que l’on m’avait référé. En
descendant de la voiture pour pénétrer dans
l’hôtel, j’ai aperçu au loin, des chevaux dans un
pâturage. Je suis remonté dans mon véhicule pour
m’approcher d’eux. Ils y avaient deux juments
Haflinger avec quatre poulains qui galopaient et
jouaient sous le soleil d’une fin de journée de
printemps. Leur beauté et grâce m’ont complètement
séduites. Ce fut un véritable choc amoureux.
J’avais le cœur qui battait dans ma poitrine, le
souffle court et j’ai complètement perdu la notion
du temps. Je suis resté là à les admirer jusqu’à ce
que le soleil finisse de décliner à l’horizon. Je
me suis alors souvenu que je devais me trouver un
coin pour passer la nuit.
Revenu au Québec, j’ai cherché pendant plusieurs
mois avant de trouver cette race de chevaux. Les
Écuries Waldeck dans les Laurentides, tenue par
Joseph Kuchard était la première ferme d’élevage de
Haflinger que j’ai visitée. Ils ont eu la
gentillesse de me donner la référence de Théo Hug
qui élevait également ces chevaux des montagnes.
Pour pouvoir monter un Haflinger, je partais de
Montréal pour suivre mes cours d’équitation à la
Ferme Grison à Valcourt dans les Cantons de L’est.
Dans le village de Ebbs à tous les cinq ans, il y a
un festival de Haflinger. On peut y retrouver plus
de cinq cent chevaux de cette prodigieuse race
venant de différentes parties du monde. Il y a
quelques années, je me suis rendue à cette grande
fête des Haflinger, et cela, demeurera toujours
pour moi un des plus beaux moments de ma vie.
Ma passion et mon respect pour tous les chevaux
grandissent chaque jour davantage mais les
Haflinger garderont toujours une place privilégiée
dans mon cœur.
France Valiquette