


Les spectacles de Steve Riley and the Mamou
Playboys furent couronnés d’un grand succès cet
été.
À Ottawa, leur scène au Festiblues était décorée de
masques du Mardi Gras et la température était
superbe. Ils ont fait un spectacle plus
traditionnel et la foule a beaucoup apprécié. Ils
ont présenté leurs chansons en français et en
anglais. Au Festival Mémoire et Racines, ils sont
arrivés à la toute dernière minute car ils ont raté
leur vol d’avion. Entre Lafayette et
Nouvelle-Orléans, il y a un pont de plus de
vingt-trois kilomètres et un camion contenant des
matières toxiques s’était renversé sur l’autoroute.
Elle a été fermée durant plusieurs heures. Ils ont
réussi à se trouver un vol pour le lendemain sur
Burlington dans le nord du Vermont. Ils ont fait le
reste de la route en voiture jusqu’à Joliette, mais
l’énergie était bien là, pour donner un excellent
spectacle cajun et zydico.
La surprise fut totale pour les spectateurs quand
ils ont interprété à la Domino,
Non rien de rien,
d’Édith Piaf. La première fois que Steve a fait
cette chanson, c’était le 28 décembre dernier en
Louisiane. J’étais avec un charmant partenaire de
danse lorsque la valse a commencé et que, tout à
coup, j’ai reconnu la chanson que j’ai fredonnée
tout en dansant. Quand la pièce fut terminée,
j’étais juste en face de Steve et je lui ai fait la
révérence pour lui montrer mon appréciation. Il est
venu me serrer dans ses bras. Il était heureux que
j’apprécie leur interprétation car très peu de gens
connaissent madame Piaf en Louisiane. David Greely
m’a partagé comment il avait été touché d’entendre
tous ces gens chanter avec eux dans la langue de
ses ancêtres sous un magnifique ciel étoilé à
Joliette.
J’aimerais répondre à une question qu’on me pose
souvent après la lecture de mon livre.
«Dans l’un de vos voyages en Louisiane, y avait-il
réellement un tueur en série? »
En effet, lors de mon premier voyage en décembre
2002, il y avait un meurtrier qui tuait des femmes
durant mon séjour dans une des villes et un des
villages où j’ai habité. Je l’ai seulement appris
vers le milieu de mon voyage. Ce fut une expérience
que je n’oublierai jamais. La peur des femmes et la
honte des hommes. Le tueur a été arrêté quelques
mois plus tard dans un état voisin, il s’apprêtait
à tuer une autre fois. La douleur humaine s’exprime
parfois par des comportements extrêmes et
tragiques.
France.